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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 13:13

Micmacs-a-tire-larigot-1 

L’histoire : Bazil (Dany Boon) n’a pas de chance avec les armes. La première, une mine anti personnelle, l’a rendu orphelin en tuant son père dans le désert marocain alors qu’il était enfant. La seconde, des années plus tard, est une balle perdue dans une fusillade qui vient se loger dans sa tête. A sa sortie d’hôpital, il perd son boulot et se retrouve à la rue. C’est alors qu’il rencontre Placard (Jean Pierre Marielle), un ferrailleur marginal, qui l’accueille au sein de sa bande de pieds nickelés qui vont l’aider à assouvir sa soif de vengeance…..

 

Quel plaisir de retrouver le cinéma humaniste de Jeunet. Mais il faut être honnête. Son dernier film, « Un long dimanche de fiançailles », m’avait laissé un peu sur ma faim. Il n’avait pas autant suscité mon adhésion que l’avait fait « Amélie Poulain » ou ses deux autres opus réalisés avec son compère Caro. Et cela, malgré un savoir faire formelle indéniable, un super scénar’ et de très bons acteurs. Malgré ces quelques petites hésitations, c’est donc très excité que je me suis rendu à la projection. Hésitations très vite disparues tant le film vous embarque dès le début pour ne plus vous lâcher avant sa fin. L’histoire, bien que partant dans tous les sens, est d’une rigueur inouï à l’humour jubilatoire. Avec un tel matériau, les comédiens, tous excellent d’ailleurs, s’en donnent à cœur joie pour transcender leur rôle. Jeunet et Guillaume Laurant (le coscénariste) ont créés une belle brochette d’éclopés de la vie et de déjantés en tout genre.

 

Mais, comme à l’accoutumé chez le cinéaste, la forme est somptueuse. Tetsuo Nagata, le chef opérateur, c’est entièrement dévoué à l’univers visuel si personnel du cinéaste. Et, dès les premières images, on reconnait la « Jeunet’s touch ». La photographie très travaillée, dans de magnifiques couleurs chaudes qui semblent comme vieillies, apporte une sophistication esthétisante à cet édifice filmique. Nombre de plans sont d’une virtuosité hallucinante, autant dans leur composition que dans leur originalité. La caméra bouge beaucoup, apportant au film du rythme, mais toujours avec une extrême précision. Tout comme un Wong Kar Wai dans un style plus épuré et contemplatif, Jeunet prouve de films en films qu’il est un des grands formalistes du cinéma contemporain. Et n’en déplaise à ses nombreux détracteurs.

 

La forme d’un film, c’est la photographie et la mise en scène. Certes, mais c’est aussi le décor. Et là, pour créer le coté bricolo de l’univers de Jeunet, les décorateurs se sont surpassés. Le décor est d’une inventivité hallucinante, notamment pour les scènes se déroulant dans le repère des ferrailleurs. C’est un véritable bric et broc fait de récup’ et d’inventions dérisoires et futiles, sorte de caverne d’Ali Baba « lo-fi ».

Tout cela, et même un peu plus, contribuent à faire de « Micmacs à tire-larigot » un des meilleurs films de l’année…..         

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Published by Francky 01 ou Chico+ - dans Cinéma-DVD
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