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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 23:56

Ptandersonthere_will_be_blood"There will be blood" de Paul Thomas Anderson (2008) :

Grande fresque du début du capitalisme et de la ruée de "l'or noir" sur la terre Americana. Les racines du mal !!
Fin 1800, Etats Unis d'Amérique. Grandeur et décadence d'un pionnier du pétrole, Daniel Plainview, des débuts très modeste de son entreprise jusqu'à l'avènement d'un mini empire pétrolier.

En ce début d'année, trois films américains sorties sur nos écrans revisitent les vastes terres de ce pays : "
No country for the old man" des Coen, "Into the wild" de Sean Penn et celui-ci. Trois films ayant pour point commun les grands espaces américains, ces étendus pleines de promesses, sortes de néo western. Mais celui-ci s'attache à d'écrire la grande histoire, celle avec un grand H, l'histoire des origines de la modernité.
Un nouveau western donc, mais où les chercheurs de pétroles ont remplacés les cow-boys et le pétrole, quand à lui, le bétail. Une chronique sans concession du début de l'ère industrielle et de son besoin frénétique d'or noir, tel un ogre avide de chair fraiche. P.T.Anderson, en adaptant le livre d'Upton Sinclair, analyse et démontre ici du capitalisme, de la cohabitation malsaine d'un trio antagoniste : politique, économie et religion. Car dès le début, la religion (plus une secte dirait-on en France) joue un rôle principale. Garant des soit disant vertus morales, le pasteur prédicateur veille à tenir bien docile "le troupeau", sorte de berger protecteur. Le héros (Daniel-Day Lewis/Daniel Plainview) entretient avec le pasteur (Paul Dano/Eli Sunday) des rapports ambigus. Tour à tour ami et ennemi, c'est un peu l'alliance contre nature entre le bien et le mal (ou vice-versa), le matériel et le spirituelle. Et ainsi, en remontant le cour de l'Histoire, le film nous éclaire sur l'actualité (la guerre en Irak par exemple), sur le pourquoi de l'omniprésence du religieux et du capitalisme au U.S.A !
Après le fond, parlns de la forme. Ce film est très expérimental malgré que se soit une production Hollywoodienne. Il débute ainsi par vingt minutes, très audacieuses, sans aucuns dialogue. Juste les sons et la musique. Une musique dissonante comme des "drones" perdus de My Bloody Valentine,
bizarre, aérienne, recouvrant même parfois les dialogues et les bruits. Très recherchée, novatrice, elle acompagne parfaitement les personnages tout au long du film, suivant ainsi leurs doutes et leurs errances. Et, comme chez le génial David Lynch, elle est un élément dramatique à part entière. Très inspiré, c'est le Radiohead J.Greenwood qui l'a composé. Le travail sonore, époustouflant, évoque un autre grand film historique dément et barré, à la beauté "malade", le "Krousthaliov, ma voiture" du Russe Alexeï Guerman !
Certaines scènes sont sous-exposées, comme nimbées dans un voile de mystère. Et la mise en scène virtuose de P.T.Anderson magnifie le scénario, l'histoire et le jeu des acteurs. D'ailleurs, ils sont tous exceptionnels, à l'image de la prestation époustouflante de Daniel-Day Lewis. Magistrale, c'est une leçon de jeu, très "Actors Studio", dans ses excès, sa gestuelle et sa façon d'être le personnage. De même pour Paul Dano, qui incarne ce pasteur illuminé et cynique, véritable "fou" de Dieu !


Politique, historique, virtuose, "There will be blood" est certainement une des plus grandes oeuvres cinématographiques sur la nation AMERICA. A ne pas louper ! Justement, aucune excuse, il est sorti en DVD.

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Published by Francky 01 ou Chico+ - dans Cinéma-DVD
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