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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 21:50

A.G.Inarritu-2010-biutiful_1.jpg

« Biutiful » d’Alejandro Gonzalez Iñarritu (2010)

 

Aux vues des premières minutes du film, avec ces plans très poétiques façon cinéma d’auteur expérimental quasi Bergmanien, j’ai cru que je mettais trompé de salle. Et le corps de Javier Barden apparut à l’écran. Ouf, c’était bien le bon film !

 

Ainsi commence « Biutiful », par cette séquence poétique, onirique, mystérieuse et inquiétante. Quand apparaît Javier Barden, au milieu de nulle part dans un paysage enneigé, il est rejoint par un autre homme. Cet étranger lui tient un étrange discours sur la mort puis lui offre une clope et tous deux fument. Dernière cigarette du condamné ? Mais où sont-ils et que font-ils ? Et qui sont-ils au juste ? On n’en sait rien pour l’instant. En tout cas, à ce moment là, on n’y comprend pas grand-chose. Simplement, on sent que la faucheuse rôde dans les parages, à l’affût d’âmes à emporter. Scène de mort ? « Biutiful », film de morts ????? On apprendra, mais que beaucoup plus tard, que cette scène est en fait la fin du film. Début et fin se confondent, fin qui bouclera la boucle (vitale) du récit, comme une vis sans fin. Comme le cycle de la vie, mais la vie avec un grand V, la vie terrestre.

 

Maladie, errance, rédemption, scènes métaphysiques, vie et mort sont les grandes thématiques du film. La mort justement. Elle est là tout au long des 2h10, omniprésente comme souvent chez Iñarritu. En tout cas, elle en est le propos, presqu'un personnage à part entière, le fantôme d’un personnage. Ou plutôt un personnage fantôme qui est là, qui traine, insaisissable. Telles les antiques tragédies, les dés sont pipés, joués dès le départ, pas d’échappatoire possible ni de « Deus Ex-Machina » final !

Le lieu de l’action se passe dans une Barcelone des bas-fonds, hors des cartes postales touristiques. Uxbal, le héros du film (Javier Barden) a deux enfants et une ex-femme plutôt mal : prostituée, alcoolique et bipolaire. Il vit ou survit de magouilles. Il sert d’intermédiaires entre les clandestins, les sans-papiers et les patrons afin qu’ils travaillent, de manière illégal. C’est à ça qu’il passe une grande partie de son temps. Mais le temps justement, il en manque ! A cause d’une maladie, il ne reste plus que 3 mois à vivre. Course contre la montre, contre la fin annoncée de sa vie !!!

Malgré qu’il soit un des acteurs de l’exploitation des clandestins, il a du respect pour eux. Comme une tentative de rédemption, il fait son possible pour améliorer leurs sorts. Un exploitant humaniste ! Ce job, c’est sa façon de survivre, de subvenir aux besoins de sa famille. En père courage, Uxbal s’occupe aussi bien que possible de son enfant. Ainsi, c’est toute la misère sociale d’un pays en proie à la mondialisation, à la crise et au chômage qui est décrite. Une analyse pertinente de l’état de l’occident. Certes, le constat est très pessimiste et on peut reprocher le pathos assez présent, comme souvent chez le cinéaste. Mais pour narrer la réalité du monde actuelle, difficile de mettre du rose partout.

Pour « Babel », Iñarritu a laissé tomber sa caractéristique scénaristique habituelle, c’est à dire le récit choral. Malgré une pléiade de personnages dans ce film, et à la différence  de ses autres oeuvres, on ne suit pas plusieurs destins en parallèle, plusieurs histoires en une comme dans « Amours Chiennes » par exemple (là, il avait poussé le concept jusqu’à narrer les répercussions d’un événement sur les personnages, et ce dans différents récit en un), etc…

La mise en scène est nettement moins virtuose et fluide que ces précédents films. Par contre, les images sont toujours d’une beauté éclatante. Iñarritu a l’art de construire des plans somptueux (cadrages, captations du détail, lumières). Il modèle la forme, tel un peintre avec sa toile. Et pour cet excellent travail formel, il peut compte sur son fidèle chef opérateur Rodrigo Prieto, qui a collaboré sur tous ses films et d’autres très grands tels « Etreintes brisées » d’Almodovar, « Le secret de Brokebak Mountain » d’Ang Lee ou « La 25e Heure » de Spike Lee pour ne citer qu’eux !!

 

Comme vous l’aurez compris, « Biutiful » est loin d’être du niveau de « Babel » ou « Amours Chiennes » (sa première œuvre, véritable électrochoc cinématographique). Mais malgré quelques faiblesses, « Biutiful » est quand même un film réussi et captivant. Il se regarde sans déplaisir mais ne restera peut être pas dans les annales du 7ème Art !!!! * * * * * *

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Published by Francky 01 - dans Cinéma-DVD
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