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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 01:10

Fabcaro-2009-LikeASteakMachine.jpg

« Like a steak machine » Fabcaro (2009) La Cafetière

 

Note : * * * * * *  * 

 

 

Fabcaro, dessinateur de bandes dessinées, aime beaucoup la musique. Il est aussi musicien (guitariste) dans un groupe de rock. Ce n’est donc pas étonnant de le retrouver sur un tel projet.

B.D et rock’n’roll ont toujours fait bon ménage car nombre d’auteurs sont mélomanes : JC Menu, Hervé Bourhis, Charles Berberian, Luz, etc…Fabcaro vient s’ajouter avec succès à cette liste de dessinateur rock’n’roll !!!

Baladi, dans « Peine perdue » (voir ma critique ici Peine perdue d'Alex Baladi ), s’enregistrait sur K7 en train de pleurer au son de « Six Dreams » de The Seeds afin de garder des traces de cet état. Lui nous parle de chansons liés à chaque fois à un souvenir de sa vie.


On a tous des morceaux, ou même des albums, qui rythment des tranches entières de notre vie, sorte de B.O existentielle personnelle. La simple écoute d’une de ses chansons peut nous replonger immédiatement en arrière, telle une madeleine de Proust auditive. On arrive ainsi à se remémorer parfaitement ces situations jadis vécues, dans les moindres détails, jusqu’aux émotions ressenties. Mais le plus douloureux, c’est que parfois ce sont des titres inavouables, des guimauves commerciales ou autres hits radiophoniques pouraves. C’est ce qu’explique l’auteur dans la première planche introductive de « Like a steak machine ».

Le livre se compose d’histoires courtes (une page) narrant à chaque fois une anecdote, un souvenir de l’auteur lié à un morceau de musique précis. De façon chronologique, Fabcaro déroule devant nous le fil de sa vie, de son évolution musicale et de ses souvenirs. Cet album s’inscrit dans la veine très en vogue de la B.D autobiographique. Mais, malgré une sincérité flagrante, on sent bien que le réel se teinte de fiction, que les souvenirs sont « pervertis » par l’imaginaire ou une vérité fantasmée.

L’autobiographie peut vite être nombriliste ou devenir un exercice très ennuyeux voir tourner au grand vide créatif. Mais là, pas du tout car Fabcaro possède un grand humour, un parfait sens du gag et fait surtout preuve d’une grande autodérision. Les lecteurs ayant eu une jeunesse rock’n’roll se reconnaitront par la sélection musicale (Noir Desir, H.F.Thiéfaine, Radiohead, Dire Straits, Depeche Mode, U2, Indochine, Pixies, Nomeansno, etc.. ) ainsi que dans les nombreuses situations décrites (solo de guitare avec une raquette seul devant sa glace, les booms et ses slows, les filles et la drague, etc.). Perso, je me suis totalement identifié à ces histoires tellement elles transpirent la sincérité et la justesse, quasi universelle.

 

Son trait est plutôt punk, comme un croisement entre le Manu Larcenet de la série « Le combat ordinaire », JC Menu ou Mattt Konture. Un style graphique entre réalisme, art naïf et fausse simplicité. L’emploie du noir et blanc et parfaitement justifié car, comme disait Fellini, le rêve ou les souvenirs ne sont jamais en couleur.


Une excellente bande dessinée à lire avec les oreilles (et aussi les yeux), le volume sonore à donf’. Mais only rock’n’roll !!!!!!!

 

Fabcaro LIKE A STEAK MACHINE2

Fabcaro_LIKE-A-STEAK-MACHINE3.jpg

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