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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 16:12

 

 

Le 29 aout 1970, en pleine apogée du Flower Power, Miles Davis fut invité avec son Band au mythique festival de L'Isle Of Wight. Ainsi, au petit matin naissant, Miles passé à l'électricité alors devenu "Electric Miles", joua un long morceau de plus de 37 min qu'il nommera "Call it anything". Un long mantra malaxant la liberté et la virtuosité du jazz, la pulsation primaire du groove, la fureur et la rage du rock avec la transe du psychédélisme. Il créa ainsi une matrice pour toutes les fusions à venir.....

 

Organique et cosmique, ce morceau est plutôt une longue transe psychédélique et droguée, une partition de jazz que Miles et son formidable groupe va, tel un  légo musical, déstructurer, malaxer et transformer pour tutoyer les plus hautes sphères ! Mais quel choc pour le milieu du Jazz qui, à l'époque, déclenchèrent les foudres de l'enfer sur lui. Mais Miles s'en foutait. Lui qui rêvait de gloire et de toucher la jeunesse, il jouait dans un des plus grands festival de "rock", devant plus de 600 000 hippies ébahient !!! 

Je l'ai déjà dit ici, la période électrique de Miles est ma préféré. Et quand je réécoute ces disques, je suis toujours autant surpris par tant de grâce, d'audace, de virtuosité et d'expérimentations soniques....

 

Miles Davis Band

Section cuivre : Miles Davis à la trompette et Gary Bartz aux Saxophones soprano et alto.

Section rythmique : Dave Holland à la basse, Jack DeJohnette à la batterie et Airto Moreira aux percussions.  

claviers électriques : Chick Corea et Keith Jarrett (en pleine transe pendant le concert).

 

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Published by muziksetcultures - dans Jazz & groove Krautrock-Psyché
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commentaires

Pascal Georges 03/12/2013 22:38

Je continue mon tour, par ci et par là et bien sur, encore Miles...
Ce concert était rarissime à dégoter (on ne le trouvait qu'en "pirate") et le trouver enfin édité de façon réaliste, avec une restitution son et en plus désormais image m'a comblé...
Trop tard malgré tout, car les sorties tardives c'est "autre chose" et autrement...
Il fut un temps où je parcourais la France en train lors de tournées avec toujours en obsession mentale le but de trouver un album de Miles "introuvable"...
J'y ai donc laissé une petite fortune...

Ce groupe, transitoire, pour lequel Jarrett avait accepté de jouer de n'importe quel clavier juste parce qu'il voulait dans sa vie avoir été avec Miles est à cheval entre deux mondes...
Le jazz rock a commencé à pointer son nez et à se schématiser et le free a branché les amplis.
Le jazz des standards est rangé au placard par les aventuriers et ces nouveaux formats commencent à prendre, ce côté freak et hip est en reflet fidèle de cette époque flower power.
On a cru le jazz de Miles décalé par rapport à cette mouvance ou trop avant-gardiste, je réponds non.
Les longs délires improvisés c'est vraiment le truc en cette période (Sweet Smoke, Grateful Dead et ses live à rallonge, Jefferson Airplane ou Starship, etc...), donc c'est un terrain de jeu électrique parfait pour Miles...
Ici Corea et Jarrett se tirent la bourre comme deux gosses qui veulent le même jouet, Holland peine à tenir l'exubérance de DeJohnette qui est absolument impérial et est l'axe de dialogue central de Miles. Gary Bartz est encore englué dans les réminiscences free mais son jeu est toujours inventif et adapté (dommage qu'il ne soit pas resté plus longtemps chez Miles, mais bon, après il y eut Liebman...).
Quand à Airto, ah quel personnage, quel génial trouve tout... Mil fois plus captivant que les pénibles Acuna/Badrena qui crurent nous le faire oublier avec un Weather Report/Pastorius transformé en cirque Pinder...
On avait d'ailleurs mis sur le dos de Jaco ce cirque...
Non, c'était bien eux et leur frénésie percussive qui en étaient à l'origine...
Bref, je m'égare, mais pas trop loin pour te faire le rapport, car dans ces tournées le mec qui venait jammer avec le Miles Davis Band était tout simplement Carlos Santana, forcément ils se faisaient tous les festivals hip...
Mine de rien il y a eu influence transversale...
Ce concert ?
C'est un monument et un témoignage.
Là, la musique a réellement changé, c'est lisible, Miles a fait évoluer les choses, le langage et pas que celui du jazz, car il s'adressait à un public (et les autres groupes des festivals assistaient eux aussi à ce déluge) tellement large qu'il a réussi là un coup de fou en rendant "populaire" une musique qui n'avait pas grand chose d'abordable...
Un génie, pour sur...

christorama 02/07/2010 18:12



alors là merci l'ami, je suis fan de Miles Davis, je connais peu cette époque mais plutôt son début...


à savourer donc cet été...


bon samedi chaud


amitiés


christo



muziksetcultures 03/07/2010 18:17



Christo : Je suis très heureux que cela te donne envie de découvrir "Electric Miles". Mais je pense qu'il y a certains albums peut être plus accessibles pour commencer. Je te conseille :


Pour débuter, "Live/Evil" (1971) car très rock et moins "déconstruit" en apparence. "In a silent way" (69) est somptueux et peut être aussi
accessible même si il n'est composé que de 2 titres de 18 et 19 min. "Bitches Brew" (69) : Le disque où tout à démarré mais plus dure d'accès, le funk y est froid.


"On The Corner" (72), le double cd "Get Up with It" (74) sont très bon mais complexes.


Enfin, ce n'est que des conseils et le chemin par lequel je suis passé.


A + l'ami Bordelais !!! 



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