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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 21:31

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« Source Code » de Ducan Jones (2011)

 

Le pitch : Un homme (Jake Gyllenhaal) se réveille dans un train de banlieue assis en face d’une jolie femme qui visiblement le connaît bien (Michelle Monaghan). Lui semble comme amnésique. Désorienté, il essaye de comprendre et se rend compte qu’il est dans le corps d’un autre quand tout à coup le train explose. Et il se retrouve dans une sorte de caisson où il apprend qu’il participe à une expérience, « le code source » et qu’il a pour mission d’identifier le terroriste et d’empêcher une autre série d’attentats. Ainsi, on le projette 8 min avant la catastrophe et revit donc toujours la même scène.

 

Ducan Jones, le réalisateur de « Source Code », n’est pas un inconnu (surtout pour le monde du rock) car c’est le fils du grand David Bowie. Il signe-là son second long métrage après « Moon » en 2009. « Source Code », film de science fiction indépendant, pourrait être le croisement entre « Inception » (le coté SF intello et métaphysique), « Un jour sans fin » (la même scène éternellement vécue), « L’armée des douze singes » (l’histoire d’amour, l’image persistante de la femme, menace terroriste), la série télé des années 90 « Code Quantum » (projection dans un autre corps, voyage temporel) et le film antimilitariste « Johnny s’en va t’en guerre » (ce corps mutilé communicant par signes). Mais réduire ce film à ces références ne serait pas juste car on nierait l’auteur et son univers très personnel.

 

A / Comment filmer la même scène répétée plusieurs fois, avec des allers-retours passé/présent, sans ennuyer ou perdre le spectateur ????


Ducan Joness’est sûrement posé cette question. Il a su trouver la réponse adaptée.


1 La mise en scène : Elle est très fluide, inventive et n’hésite pas à utiliser des détails très identifiables qui sont bien montrés chaque fois.

2 La même chose mais différemment : Le héros, d’abord perdu (comme le spectateur), comprend petit à petit les enjeux et le mécanisme de fonctionnement, comme les règles d’un jeu de rôle qu’il apprendrait au fur et à mesure. Lorsque le film avance, le héros agit de manière différente et modifie la scène qui devient donc chaque fois unique. Ainsi le personnage principal en devient presque son propre scénariste et même celui du film.

3 En intégrant une passion amoureuse : Au début du film, notre héros se réveille face à cette femme pleine de charme. Il revit donc cette rencontre à chaque fois. Petit à petit, il l’a découvre mieux jusqu’à en tomber amoureux. Ducan Jones rajoute un élément fédérateur qui ouvre un vaste champ des possibles scénaristique afin de pimenter cette fameuse scène samplée tout en humanisant les personnages. En effet, quoi de plus beau et universellement touchant qu’une histoire d’amour. C’est un atout supplémentaire pour accrocher le spectateur et qui permet aussi de faire basculer le film dans un mélodrame amoureux de science fiction.


B / En remontant dans le passé, peut-on infléchir le cours du temps ou est-ce qu’il est impossible de changer ce qui est arrivé ????


C’est l’un des enjeux majeurs qui est au cœur de ce film et la question qui taraude notre héros. Malgré les affirmations du scientifique dirigeant l’expérience, il acquière la certitude qu’il peut réécrire le passé et changer la fin de l’histoire. Ce qui s’annonce au départ comme un bon film de série B prend une tournure d’œuvre complexe remplie de questionnement, un grand film théorique à portée métaphysique. Et tout ça sans jamais renier son rôle de divertissement grand public (mais à budget modéré, à la différence de « Inception »).


Deux niveaux de lecture, deux films pour le prix d’un. Si ce n’est pas un exploit ça !!

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Published by Francky 01 - dans Cinéma-DVD
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