Les années quatre vingt sont celles mon enfance. Etant né en 1975, je n’étais pas grand quand beaucoup des ces albums sont sortis. Je les ai donc découverts que beaucoup plus tard. Cette décennie fut synthétique avec la naissance de la new wave et de sa face obscure, la cold wave (Joy Division, The Cure, etc.). Les claviers en furent les rois. La pop se fit mélancolique et raffinée (The Pale Fountains, The Smith). Le rock dessina son futur, en mariant fureur et mélodies (Pixies, The Jesus & Mary Chain, The Pastels). Ces années donneront naissance à de grands albums devenus mythiques aujourd’hui mais aussi beaucoup d’autres très mauvais, dont le son a très mal vieilli aujourd’hui. Petit tour dans cette sélection personnelle et forcément subjective.
Second volet de la mythique trilogie, « Faith » est un disque d’une extrême noirceur, le témoignage du voyage de la bande à Robert (Smith, le chanteur) au cœur des ténèbres. Rarement douleurs, angoisses existentielles et métaphysiques, ambiances glaciales n'avaient aussi bien trouvé refuge sur un support vinylique, ne s'étaient aussi bien incarnées musicalement. Sons de basse lourds, pesants et envoûtants, mélodies hantées, voix de possédés, d’outre tombe. Aujourd’hui encore, je l’écoute sans me lasser. Indémodable, il n’a pas pris une ride. Un chef d’œuvre je vous dis, et je pèse mes mots !!!
« Veuillez rendre l’âme (à qui elle appartient) » Noir Desir (1987) :
Un de mes premiers chocs musicaux ! Combien de jours (et de nuits) j’ai passé à ses cotés ? Combien de temps passé à l’écouter, à essayer de pénétrer son univers ? Les mélodies sont superbes, les arrangements précis, efficaces et envoûtant. La voix rocailleuse et sublime de Bertrant est comme constamment en équilibre sur un fil, au dessus du vide. Textes poétiques et métaphoriques. Un disque inusable, indépassable…euh, non. En 2001, toujours au top, les bordelais ont sortie « Des visages des figures ».
« Closer » Joy Division (1980) :
C’est sur les cendres encore brûlantes de l’incendie punk que Joy Division bâtît sa musique. Elle sera épileptique, lascive, glaciale et désespérée. Rythmes martiaux et syncopés, riffs de basse sombres et dansants, guitares tranchantes, voix hantée, groove primitif, hypnotique et froid. La production novatrice de Martin Hammett, savant fou des studios, achèvera la construction de cette cathédrale de mélancolie. L’acte fondateur de la cold vawe.
« Doolittle » Pixies (1989) :
Troisièmes opus des quatre déjantés de Boston, et leur meilleur. Un disque de martiens camés aux psychotropes. 1989, la soucoupe volante Pixies tourne alors à plein régime, direction Mars. Ils embarquèrent à son bord punk, rock, hardcore, surf musique, pop, latinos et surréalisme pour un voyage musical explosif. Et ils deviennent peut être le groupe le plus influent du rock indé américain des années 80. Radiohead, Nirvana, Dionysos, etc..Que seraient-ils devenus sans eux ?
« Meat is murder » The Smiths (1985) :
La bande son de l’adolescence des quarantenaires. Flash back : 1986, Morissey est beau comme un dieu, et en plus il chante magnifiquement. Johnny Marr, le guitariste, compose des chansons au raffinement pop exemplaire. Les Smiths sont les rois du monde, les King of pop. L’année suivante, ils sortiront « The queen is dead », considéré comme beaucoup comme le chef d’œuvre de cette décennie.
« Play blessures » Alain Bashung (1982) :
Bashung et Gainsbourg sont enfermés dans un studio. Que font-ils ? Et bien, entre deux cuites, ils enregistrent ce disque expérimental aux paroles abstraites et poétiques. Paroles poétiques ! Normal me direz vous avec un auteur tel que Gainsbourg. Sur cet album, pas de chansons faciles ou de pop songs mais des sonorités électroniques et des synthés. C’est un peu l’acte fondateur de la new wave made in France. Des années plus tard, .il réenregistrera le titre « volontaire » avec Bertrant Cantat et ses Noir Desir qui le sublimeront.
« Bummed » Happy Mondays (1988) :
Bien avant les Chemical Brothers, Prodigy et autres artistes de la scène électro rock ou bastard pop, les géniaux Happy Mondays célébrèrent le mariage de la house musique naissante avec le rock et la pop. A ce propos, j’aime bien cette anecdote qui dit que Shaun Ryder (le chanteur) eu l’idée de cette fusion dans une boite de Manchester, l’Hacienda. Il dealait alors des ecstasys et se trouvait toujours entre deux salles. Dans l’une on jouait du rock et dans l’autre de l’électro et de la house. Les sons se mélangeaient et ainsi l’idée de cette fusion pris naissance en lui. Rumeur ? Avec ce disque et un an avant les Stones Roses, ils se trouvèrent propulsés chef de fil du mouvement nommé « baggy ». Et signèrent un album terriblement dansant.
« Viva Bertaga » Bérurier Noir (1989) :
Les béru représentent énormément pour moi. Ado, c’était mon groupe. Celui qui m’a fait aimer la musique alternative, qui a contribué à mon engagement et qui m’a aidé à me construire dans cette période difficile pour tout être humain. L’album chant du cygne d’une horde de punks militants et rebelles. Enregistré lors de trois concerts d’adieux qui se déroulèrent dans la mythique salle parisienne l’Olympia. La musique est minimale. Juste trois accords, une boite à rythme et quelques saxos. Mais quelle classe ! Comme ils le disent à la fin de cette fête païenne et folklorique : « Combien êtes-vous dans la salle ? Formez des groupes de rock libres ».
“Pacific Street” The Pale Fountains (1984) :
Injustement ignoré à sa sortie, “Pacific street” est pourtant un bijou de pop raffinée aux orchestrations savantes et complexes. En disciple de Love, ils magnifient les guitares avec des cuivres, des cordes et des percussions. Le succès aurait du être au rendez vous avec un tel génie créatif. Mais ils se sabordèrent par des excès de drogues et d’alcool. Ah, les années quatre vingt
« Remain in light » Talking Head (1980) :
Quand le rock arty new yorkais rencontre l’afro beat africain ! Ce disque sera le modèle pour la world musique à venir. Afro beat, basse slap, rythme de guitare funky, trouvailles sonores inouïs, influences ethnos, dub lancinant. Brian Eno conclut en beauté la collaboration avec la bande à David Byrne, le leader des Talking Heads, en produisant de main de maître ce disque aux sons novateur. Un modèle pour tous les apprentis explorateurs soniques !
Francky 01 le 25/09/09




































































































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